Les Mystères de Marseille : genèse d’un projet.

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Raphaël et Alicia Hamimi sont les auteurs des Mystères de Marseille, le prochain supplément français pour L’Appel de Cthulhu. Merci à eux d’avoir répondu à nos questions sur cette nouvelle création française !

De quelle manière vous êtes-vous partagé le travail ?

Alicia : Nous nous sommes partagés le travail en général. Je me suis occupé de l’histoire et de répertorier ou créer le surnaturel et les créatures. Je me charge souvent de la partie création imaginaire, c’est mon domaine de prédilection. Sur les scénarios, nous travaillions donc en binôme, je tisse la trame et Raphaël la sublime.

Raphaël : on a fait un mix des deux. On s’est réparti dans un premier temps les différentes parties du livre concernant le background et l’historique de Marseille. Après, on a surtout travaillé à deux concernant le mythe, les cultes, le bestiaire, le folklore et les scénarios.

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En quoi l’histoire de la région phocéenne se prête à la rédaction d’un ouvrage dédié sur ses mystères ?

Alicia : Le bassin provençal, notamment Marseille est très riche tant par son histoire que sa culture. Lorsque j’étais petite de nombreux conteurs nous narrait des histoires magnifiques ou terrifiantes sur la région et cela me fascinait. Ma mère m’a souvent raconté les contes de Provence avec par exemple celle de la Lavanda, la fée qui a donné la richesse des couleurs de nos terres, le légende de Gyptis et Protis qui, de leur union, ont donné naissance à Massilia ou encore celles de nos croque-mitaines comme le Babau ou la Roumeque. J’ai donc voulu faire partager à nouveaux ces légendes et transmettre les émotions qui ont été les miennes autrefois.

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Raphaël : Marseille est la plus vieille ville de France. Son histoire est très riche et surtout influencée par différentes cultures avec d’un côté les celto ligures et de l’autre les grecques. La région bénéficie d’un très grand brassage ethnique. C’est ce qui fait sa force.

Marseille a vécu une série de destructions et de reconstructions. La cité phocéenne est une ville rebelle et elle a toujours su renaître de ses cendres. D’ailleurs, de nombreux vestiges sont toujours retrouvés lors des projets de constructions d’infrastructures urbaines. Il y a 50 ans, à l’occasion de l’édification du « Centre Bourse », les premiers vestiges grecs hérités de l’histoire de Marseille ont été mis à nu. Cette découverte a entraîné une adaptation des plans initiaux pour l’incorporer au site actuel. Les cryptes des abbayes         comme celle de Saint Victor sont riches de vestiges d’un ancien temps et certains caveaux restent encore mystérieux sur leur appartenance à certains Saints. La région baigne dans le mysticisme avec toutes ses traditions orales transmises de génération en génération. La Provence a énormément d’histoire de cas de sorcelleries et de possessions

Quelle fut la découverte la plus surprenante que vous ayez faite au cours de vos recherches ?

Alicia : Je pense que ce qui m’a le plus surpris dans mes recherches ce sont le nombre de lieux dit hantés ou étant rattachés à la présence de créatures magiques comme les dracs, coulobres, dragons, fée, sorcières… D’ailleurs, la sorcellerie est très présente en Provence avec les malédictions et les enchantements.

Pendant nos investigations, on a pu recenser une multitude de procès pour sorcelleries. Il a été difficile de les trier et de garder les plus pertinents pour ce supplément comme celui de Gaufridi, le moine sataniste. La légende de la dame blanche se retrouve sur de nombreux sites (Marseille, Aix, Salon de Provence , Miramas, Pelissanne…).

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Raphaël : L’importance de l’influence celtique en Provence. On parle toujours de l’influence latine et grecque mais finalement très peu de la culture celte chez nous. Je ne pensais pas que Marseille était imprégnée par le culte des druides. Ce qui m’a le plus marqué, c’est l’énigme des runes du mont Bego de la vallée des merveilles. Personne ne connaît leur origine exacte, ni ce qu’elles représentent clairement… peut-être un culte à une divinité tombée dans l’oubli. J’ai également été marqué par les « bouddhas » de Roquepertuses : ces statues en position zazen sont les représentants d’une histoire morbide et sanguinaire de la communauté druidique avec sacrifices humains et têtes coupées. Ces statues sont visibles à la Vieille Charité.

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Peut-on toujours vivre à Marseille ou doit-on craindre d’en savoir trop pour s’aventurer dans ses ruelles en toute quiétude ?

Alicia : Marseille n’est pas le seul cadre d’horreur et de légende. Si l’on devait penser ainsi alors l’on ne voyagerait plus à travers le monde. Si j’avais un message à passer aux futurs investigateurs, ce serait : « Armez-vous de votre courage et venez découvrir avec crainte et curiosité, tel un explorateur, les mystères de Marseille ».

Raphaël: Quiétude ?… Marseille ? C’est drôle. Marseille est la ville du banditisme et c’est bien connu que sans kalachnikov on ne peut pas sortir. Il suffit d’écouter les journaux télévisés… Je plaisante bien sûr.

Marseille est une ville animée, vivante. Marseille, on l’aime ou on la déteste mais on n’y est jamais indifférent ! En tout cas, je me suis toujours promené en ville sans avoir de problème. Bien sûr ça nous arrive de croiser au détour d’une rue un hybride et c’est bien connu que ce n’est pas la sardine qui a bouché le port mais papet Dagon.

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Comment comptez-vous dissuader les meneurs de jeu et les joueurs qui souhaitent découvrir les horreurs de cette région ?

Alicia : Je me suis toujours plu à découvrir la face cachée des choses, alors ce n’est pas moi qui les en dissuaderai, bien au contraire ! Après tout, n’est-ce pas dans la folie que se trouve parfois la vérité ?

Raphaël: Marseille et ses alentours sont dépaysants. Les horreurs et mystères de ce supplément sont totalement inédits. Vous allez être confronté à de l’inédit et de la création originale. Saurez-vous faire face aux mystères du sud de la France et de Marseille ? Pour le savoir, vous savez ce qu’il vous reste à faire !